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Être tout ouïe : définition, orthographe et accord au féminin

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Être tout ouïe signifie être prêt à écouter quelqu’un avec une attention complète. L’orthographe recommandée est tout ouïe, invariable quel que soit le sujet : « elle est tout ouïe », « nous sommes tout ouïe ». La forme « toute ouïe » est tolérée quand le sujet est féminin, mais jamais « tout ouïes » ni « tout oui ».

Vous l’avez lu dans un mail, entendu dans une série ou glissé vous-même à un ami avant qu’il vous raconte sa soirée : « je suis tout ouïe ». La formule est courante, élégante, un peu théâtrale aussi. Pourtant, au moment de l’écrire, le doute s’installe : faut-il accorder tout, mettre un tréma, ajouter un s ? Voici la définition, la règle d’accord telle que les dictionnaires la présentent en 2026, et les pièges à éviter.

Être tout ouïe : définition et sens de l’expression

Au sens propre, l’ouïe désigne le sens qui permet de percevoir les sons, au même titre que la vue ou le toucher. Dans la locution être tout ouïe, le mot est employé de façon imagée : la personne se résume entièrement à sa capacité d’écouter. Elle n’est plus qu’une oreille tendue vers celui qui parle.

La définition de « je suis tout ouïe » tient donc en quelques mots : je vous écoute attentivement, je suis disposé à entendre ce que vous avez à dire. Le Dictionnaire de l’Académie française la résume ainsi : « être disposé à écouter quelqu’un attentivement ». Le Larousse la range à côté de deux sœurs moins fréquentes, « être tout yeux » et « être tout oreilles », qui traduisent la même idée d’attention entière.

Dans la pratique, on l’utilise surtout pour inviter l’autre à se confier ou à expliquer quelque chose :

  • « Tu as une nouvelle à m’annoncer ? Vas-y, je suis tout ouïe. »
  • « Le directeur s’est assis, tout ouïe, pendant que la stagiaire présentait son projet. »
  • « Raconte-moi ton concert d’hier, je suis tout ouïe. »

La nuance est souvent bienveillante, parfois légèrement ironique quand on attend une explication qui tarde à venir. Le ton de la voix fait la différence. Écouter vraiment reste pourtant le cœur de la formule, et l’on sait combien cette attention compte dans une relation : l’expression « Le silence tue l’amour » rappelle d’ailleurs que le dialogue se nourrit d’écoute autant que de paroles.

Je suis tout ouïe ou je suis toute ouïe : quelle orthographe choisir ?

C’est la question qui amène la plupart des lecteurs ici, et elle divise depuis longtemps les amateurs de grammaire. La réponse courte : tout ouïe est la forme la plus sûre, valable pour un homme comme pour une femme. La forme toute ouïe n’est pas fautive pour autant lorsqu’une femme parle d’elle-même.

Pourquoi « tout » reste invariable dans tout ouïe

Dans cette locution, « tout » fonctionne comme un adverbe qui signifie « entièrement », « complètement ». Or l’adverbe tout est en principe invariable devant un nom employé de manière figurée : on dit « elle est tout sourire », « ils sont tout feu tout flamme ». Être tout ouïe, c’est être entièrement ouïe, et la logique adverbiale conduit à ne rien accorder. C’est la graphie retenue par l’Académie française et par la majorité des dictionnaires actuels.

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Un détail renforce cette lecture : ouïe commence par une voyelle. Même quand l’adverbe tout s’accorde devant un adjectif féminin (« elle est toute contente »), cet accord ne se fait que devant une consonne ou un h aspiré. Devant une voyelle, il reste « tout » : « elle est tout émue ».

Quand l’accord « toute ouïe » est admis

Certains grammairiens, et le Trésor de la langue française à leur suite, considèrent que tout peut ici être vu comme un adjectif qui qualifie le sujet. Dans ce cas, une femme peut écrire « je suis toute ouïe ». La définition de « je suis toute ouïe » reste exactement la même : seule l’analyse grammaticale change de point de vue. Cette variante, un peu plus littéraire et légèrement datée, apparaît chez des auteurs classiques. On la croise moins dans les écrits récents.

À l’oral, la question ne se pose presque pas. « Tout ouïe » se prononce avec une liaison, [tu.t‿wi], et « toute ouïe » sonne de façon quasi identique. C’est précisément parce qu’on ne l’entend pas que l’on hésite au moment d’écrire.

Accords de tout ouïe selon le sujet : le tableau récapitulatif

Sujet Forme recommandée Variante admise À éviter
Je (homme) je suis tout ouïe aucune je suis toute ouïe
Je (femme) je suis tout ouïe je suis toute ouïe je suis toute ouïes
Il il est tout ouïe aucune il est tous ouïe
Elle elle est tout ouïe elle est toute ouïe elle est tout ouie (sans tréma)
Nous, vous, ils (masculin ou mixte) nous sommes tout ouïe aucune nous sommes tous ouïes
Elles elles sont tout ouïe elles sont toutes ouïe (rare) elles sont tout ouïes

Retenez surtout que le mot ouïe ne prend jamais de s dans l’expression. Chaque personne ne possède qu’un sens de l’ouïe, et la locution est figée.

D’où vient le mot ouïe : du verbe ouïr aux ouïes du violon

Ouïe est le participe passé substantivé du vieux verbe ouïr, issu du latin audire, « entendre ». Ce verbe a presque disparu de l’usage courant, remplacé par « entendre », mais il survit dans quelques formules figées : « oyez, oyez, braves gens », lancé jadis par les crieurs publics, ou « par ouï-dire », qui désigne une information connue seulement de seconde main. Le mot audition, lui, vient directement du latin.

Le tréma sur le i est indispensable. Sans lui, la prononciation deviendrait hésitante ; avec lui, on sépare bien les sons : ou-ï-e. Il distingue aussi visuellement le mot de « oui », l’adverbe d’affirmation, avec lequel il n’a aucun lien.

Pour les musiciens, le mot évoque autre chose encore. Les ouïes sont les ouvertures découpées dans la table d’un violon, d’un violoncelle ou d’une contrebasse, souvent en forme de f, par lesquelles le son se projette. On parle aussi des ouïes d’une guitare jazz. Chez le poisson, les ouïes sont les fentes qui protègent les branchies. Ces sens au pluriel expliquent en partie l’erreur « tout ouïes » : on mélange l’organe d’écoute figuré avec des objets concrets qui, eux, vont par paires.

Erreurs fréquentes quand on écrit tout ouïe

  1. « Tout oui » : l’oubli du e final et du tréma transforme le mot en « oui », ce qui n’a plus de sens.
  2. « Tout ouie » sans tréma : l’erreur est fréquente sur clavier, mais elle reste une faute d’orthographe. Sur un clavier français, le tréma s’obtient avec la touche de l’accent circonflexe en majuscule, suivie du i.
  3. « Tout ouïes » : le s final est une faute, quel que soit le nombre de personnes.
  4. « Tous ouïe » : l’accord de tout au masculin pluriel n’est pas justifié, car il s’agit d’un adverbe.
  5. « Je suis toute ouïe » écrit par un homme : l’accord au féminin n’a de sens que si le sujet est féminin.
  6. « Tout ouï » : on confond avec le participe passé du verbe ouïr, présent dans « ouï-dire ».

Un réflexe simple permet d’éviter presque tous ces pièges : écrire tout ouïe, sans rien accorder, avec un tréma et un e final. C’est la forme que personne ne pourra vous reprocher, ni un correcteur, ni un professeur, ni un recruteur qui lit votre lettre de motivation. Ce genre d’hésitation touche d’ailleurs beaucoup de formules du quotidien, comme on le voit avec « Je te fais plein de bisous », dont l’orthographe fait elle aussi douter.

Employer être tout ouïe à l’oral, à l’écrit et en chanson

Bien qu’elle soit étiquetée familière par les dictionnaires, l’expression passe très bien dans un courriel professionnel détendu, une conversation entre collègues ou un message à un proche. Elle a ce petit côté soigné qui la rend plus chaleureuse qu’un simple « je t’écoute ». Dans un écrit très formel, comme un courrier administratif, on lui préférera « je reste à votre disposition » ou « je suis attentif à vos remarques ».

Au téléphone, elle fonctionne particulièrement bien : on ne voit pas son interlocuteur, alors on lui signale par les mots qu’on est pleinement disponible. Ces petites formules de conversation en disent souvent long sur le lien entre deux personnes, comme le montre l’analyse de « Il me dit bisous au téléphone » et de ce que ce mot tendre peut révéler.

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Plusieurs synonymes permettent de varier le style selon le contexte :

  • être tout oreilles (oreilles au pluriel, cette fois) ;
  • être à l’écoute ;
  • prêter une oreille attentive ;
  • boire les paroles de quelqu’un, quand l’attention se double d’admiration ;
  • je vous écoute, plus neutre.

La chanson française joue souvent sur cette idée d’écoute totale. Un public qui retient son souffle avant le premier couplet d’une ballade est littéralement tout ouïe. Quand une salle entière reprend en chœur « J’ai encore rêvé d’elle », chacun connaît les paroles par cœur pour les avoir écoutées des dizaines de fois avec cette attention-là. Les déclarations les plus directes, du type « Je suis follement amoureux de toi », supposent elles aussi quelqu’un en face qui soit prêt à les entendre.

Ce qui compte, au fond, c’est la sincérité derrière la formule. Dire qu’on est tout ouïe puis consulter son téléphone pendant que l’autre parle vide l’expression de son sens. Bien employée, elle reste l’une des plus jolies façons de montrer à quelqu’un que ses mots vous intéressent.

Que veut dire « je suis tout ouïe » dans un message ?

Cela signifie que la personne qui écrit est prête à lire ou écouter votre explication avec attention. C’est une invitation à parler, souvent chaleureuse, parfois teintée d’une impatience amusée.

Un homme peut-il écrire « je suis toute ouïe » ?

Non. La variante toute ouïe repose sur un accord avec un sujet féminin. Un homme écrit toujours « je suis tout ouïe ».

Faut-il un s à ouïe quand on parle de plusieurs personnes ?

Non. On écrit « nous sommes tout ouïe » ou « elles sont tout ouïe », sans aucune marque du pluriel sur ouïe.

L’expression être tout ouïe est-elle familière ?

Oui, légèrement : l’Académie française la classe dans le registre familier. Elle convient à la conversation et aux messages courants, moins à un courrier officiel.

Quelle différence entre être tout ouïe et être tout oreilles ?

Aucune sur le sens : les deux décrivent une écoute attentive. Tout oreilles s’écrit avec un s, puisqu’on a deux oreilles, tandis que tout ouïe garde ouïe au singulier.

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